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Une phrase qui me réconcilie avec le concept galvaudé de travail :
 
« Le travail, au-delà du désir légitime de rémunération, s’il a le gain pour seule finalité, patauge dans le matérialisme, alors que vécu comme accomplissement, il relève de la spiritualité. »
 
D.V.
 

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Lundi 7 avril 2008 1 07 04 2008 12:31
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Tout bon livre est avant toute chose un livre de magie. A partir du moment où nous l’ouvrons, son tour de prestidigitation opère sur nous pour offrir de l’inattendu.


Une fenêtre derrière un miroir


La lecture est souvent une quête du Graal, mais derrière cette recherche se cache souvent un manque d’ouverture. En vérité, nous attendons d’un livre qu’il nous ressemble. Nous lui intimons l’ordre de se borner au rôle de livre miroir, nous confortant ainsi dans nos certitudes, nos obsessions, nos errances. Mais voici qu’il se rebelle et décide de nous proposer à son tour d’autres horizons. Le miroir dissimulait en réalité une fenêtre…


Nos lectures nous façonnent


La plupart des lecteurs se croient libres, ouverts d’esprits et pourtant leurs bibliothèques sont criantes de vérité. Leurs étagères peuvent plier sous les titres les plus variés, l’effet s’arrête là. Elles leur rappellent sans cesse que leurs centres d’intérêts sont finalement plus ciblés qu’ils ne le croyaient. Il n’est pas aisé d’admettre l’évidence, mais les faits sont là : nos lectures sont les témoins de nos besoins intellectuels et de leurs évolutions. Elles nous façonnent discrètement, apportant chacune au fil des ans leur pierre à l’édification de notre pensée.


Être enrichi à son insu


Les partisans du libre arbitre nieront bien sûr cette évidence. Et pourtant, quelle vanité de croire en la totale imperméabilité du lecteur face à ses livres. Ils pensent se servir d’un roman ou d’un essai comme s’ils remontaient l’eau d’un puit en fonction de leurs besoins. A partir du moment où nous nous emparons d’un ouvrage, nous prenons le risque d’en sortir différent. Nos esprits critiques, sensés nous protéger, finissent par baisser la garde et accepter un peu de nuance. C’est en tout cas une bonne chose pour les progrès de l’esprit humain que d’accepter d’être enrichi à son insu par un livre. Si nous passons tous une commande bien précise auprès du livre, il nous faut admettre que la relation lecteur-auteur ne peut être à sens unique. L’idée qu’il nous réclame sa juste part dans cet échange doit alors être admise.


A la base… un malentendu


Tout nouveau livre volontairement ouvert est basé sur un malentendu : le lecteur ne trouve pas vraiment ce qu’il cherchait. Cela aboutit la plupart du temps à d’heureuses surprises, mais dans d’autres circonstances à de grandes déceptions.

Un personnage historique nous fascine à priori ? Nous nous précipitons alors sur sa toute nouvelle biographie pour nous conforter dans notre opinion, et il se produit finalement l’inverse. Nous nous rendons compte que cette grande figure n’était pas tout à fait comme nous l’imaginions. Nous l’admirons pour certains actes et découvrons alors qu’il en a commis de moins nobles.

De ce puit de connaissance est finalement remonté une eau moins limpide que nous le désirions : ce que nous avons perdu en manichéisme, nous l’avons gagné en lucidité ! Cela rend-il pour autant la coupe imbuvable ?


L’exigence du lecteur


Autre cas de figure : nous tombons sous le charme d’un roman au ton novateur et nous nous rendons compte avec stupeur que le volume suivant est médiocre ou du moins inattendu. L’auteur a changé de registre par souci de ne point rester prisonnier de son œuvre et nous ne lui pardonnons pas cette trahison. Car en vérité nous exigeons souvent de l’écrivain qu’il reste fidèle à lui-même et à nos goûts du moment. Il nous arrive souvent d’être intolérants vis-à-vis de notre auteur. Nous nous arrogeons d’office le droit de posséder l’écrivain comme nous possédons un exemplaire de son livre. Tout cela ressemble fort à une relation amoureuse excessive.

Nous ne lui pardonnons aucun écart, ne lui autorisons aucune liberté vis-à-vis de son œuvre. Avouons-le, nous sommes tous un jour passés par là… Nous nous interrogeons alors : pourquoi avoir écrit une telle fin, pourquoi avoir fait disparaître tel personnage emblématique du roman, pourquoi des passages bâclés isolés au sein d’une œuvre de qualité, pourquoi change-t-il de genre romanesque sans crier gare, pourquoi opter pour un style qui ne colle pas avec le récit ?


Au bout du chemin : l’enrichissement


Nous sommes déçus et malgré tout nous avons découvert autre chose. Notre horizon s’est élargi alors que nous n’en éprouvions pas le besoin. Cela prend parfois du temps. Un roman classique lu par un lecteur trop jeune pourra être redécouvert avec surprise dix ans plus tard.

Un livre qui n’a pas répondu à l’attente de son lecteur est un livre qui a réussi sa mission d’ouverture d’esprit. Il a semé une poignée de graines sur le terreau d’une âme réfractaire et autocentrée. Le but de ce pouvoir magique n’est pas de changer le lecteur, ni d’opérer en lui une conversion, un revirement, bien au contraire... Ce quelque chose est tout simplement un don d’enrichissement.

 

 

Mardi 25 mars 2008 2 25 03 2008 21:26
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 Dans ses mémoires La corde raide, l'écrivain Arthur Koestler évoque ses débuts difficiles de journaliste en Palestine sous mandat britannique. Après avoir changé son nom  de Köstler en Koestler à cause d'une machine à écrire ne connaissant pas les trémas, il prit l'initiative de concevoir les premiers mots croisés en hébreu. Il les rebaptisa toutefois sous l'appellation d'acrobaties cérébrales, afin de ne point choquer ses lecteurs en utilisant le terme croisé !

Mardi 25 mars 2008 2 25 03 2008 21:20
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Les livres peuvent-ils changer le cours de notre vie ? Certains lecteurs en sont persuadés.

 

 Pour Stéphanie Janicot, auteur de 100 romans de première urgence pour (presque) tout soigner, la lecture de Lettres à un jeune poète de Rilke a joué un rôle capital dans son orientation professionnelle. Etudiante alors complètement déboussolée, elle trouva dans cet ouvrage la réponse à la question de sa vie : comment se lancer idéalement dans une carrière d’écrivain.

 

 Dans ses mémoires Voyage dans le Temps, Hermann Keyserling rend hommage  au grand livre formateur de sa jeunesse : « Dernièrement […] j’ai retrouvé l’édition française des Confessions de Saint Augustin, livre qui fit date dans ma vie, car il m’offrit le premier exemple d’un examen de conscience. » 

 

 

Mardi 18 mars 2008 2 18 03 2008 21:28
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Existe-t-il encore de nos jours des critiques littéraires dignes de ce nom ?
 
 Tout le monde reconnaît que l’esprit critique est l’essence même du journalisme. Si cet esprit plane encore au-dessus des rédactions de la presse littéraire, son souffle semble par contre au point mort. En pastichant Barrès, l’on pourrait même se permettre de dire qu’il est des lieux où s’essouffle l’esprit.
 
Pourquoi les critiques se sont tant assagies ? 

Les journalistes seraient-ils devenus polis, trop gentils, voir serviables ?Le goût de la polémique, l’art de la plume trempée dans le vitriol leur ferait peur ? A moins que le contexte de liberté totale de la presse n’ait eu raison a long terme de leur côté vindicatif ?
 
  Est-ce pour ne point vexer la mignonne attachée de presse avec laquelle on a dîné hier soir ? Ont-ils peur de ne plus recevoir d’office de généreux service de presse, qui atterriront illico presto dans les bacs des soldeurs, quinze jours avant la parution officielle du livre ? Parce qu’elle ont déposé un manuscrit chez leur éditeur favori ? Parce qu’ils ont peur d’un procès s’ils vont trop loin dans le jeu de massacre ? Parce que les journées ne font que 24 heures et qu’ils préfèrent réserver leur temps de lecture aux livres qu’ils ont l’habitude de lire, sans prendre le risque de changer d’univers ? 
 
 A moins qu’il ne faille mettre tout cela sur le dos du microcosme parisien, un milieu ou les relations auteurs-éditeurs-critiques sont entremêlées de manière inextricable comme les fils multicolores du fournisseur d’accès internet crétin.fr.
 
Manifeste pour une critique littéraire pleine de panache
 
 Critiques littéraires, sortez de votre torpeur ! Ce que nous désirons le plus au monde, c’est de ne plus voir de vulgaires résumés de bouquins dans les colonnes de nos journaux. Vous avez le droit de vie ou de mort sur un livre: usez et abusez donc de ce pouvoir, n’est-ce point votre privilège ? Mais par pitié, cessez donc de nous pondre ces articles amicaux, neutres ou insipides. La littérature, ce n’est pas la bourse, encore moins la météo…vous n'avez pas aimé un roman, il vous a fait perdre des heures précieuses de lecture, alors vengez-vous ! Criez donc votre colère à la face de vos lecteurs. De toute façon, si un livre est mauvais, le ridicule ne tuera point l’auteur, vous en êtes assurés, le temps des romantiques est bien révolu...
  
Devenez ce que vous êtes
 
 Ce que nous vous demandons, chers critiques, c’est tout simplement de faire votre métier de critique. Soyez insolents, iconoclastes, injustes, partiaux, odieux, cyniques, décalés, démesurés, grotesques, outranciers, mais soyez. Etre ou ne pas être ou comme l’affirmait si bien Nietzsche : devenez ce que vous êtes. N’ayez pas peur de votre ombre… Puisez vos mots dans le magma de vos émotions. N’ayez crainte de plonger la tête la première dans le fleuve trop tranquille de la littérature. Puissiez-vous détourner son cours vers l’abîme qui le changera en torrent impétueux. 
 
Ceci n’est pas de la littérature
 
Un ouvrage de Sylvie Yvert arrive à point nommé pour nous rappeler que la langue de la critique littéraire n’a pas toujours été politiquement correcte. « Ceci n’est pas de la littérature… Les forcenés de la critique passent à l’acte. », tel est le titre de son recueil.
 
 Un véritable travail de recherche pour l’auteur qui a su dénicher dans les archives de la presse les critiques les plus assassines d’auteurs aujourd’hui classiques. Une manière de voir combien les œuvres actuellement étudiées à l’école ont été loin de faire l’unanimité de leurs contemporains. C’est également un ouvrage utile pour inviter nos critiques modernes à se renouveler et surtout ne plus mettre leur langue dans leur poche ! En voici un petit florilège :
 
-Victor Hugo vu par Claude Tillier en 1844 :
 
 « On l’écoute comme les paysans écoutent à la messe le plain-chant de leur curé sans se   soucier de savoir ce qu’il dit, et persuadés qu’il nous dit de belles choses. »
 
-Victor Hugo achevé par Anatole France en 1887 :
 
 « Il vécut ivre de sons et de couleurs, et il soûla tout le monde. »
 
-José Maria de Heredia cassé par Edmond de Goncourt :
 
 « C’est un feu d’artifice sur lequel il a plu. »
 
-Balzac critiqué dans le Charivari en 1837 :
 
 « Le sire de Balzac écrit et parle un grand nombre de langues… Nous citerons entre autres l’Indostan, le Tartare, le Manchou, et surtout le Charabia. »
 
-Alcools d’Apollinaire descendu par Georges Duhamel en 1913 :
 
 « Rien ne fait davantage penser à une boutique de brocanteur […]. Je dis : boutique de brocanteur, parce qu’il est venu échouer dans ce taudis une foule d’objets hétéroclites […]. C’est bien là une des caractéristiques de la brocante : elle revend ; elle ne fabrique pas. »
 
Même s’ils n’y allaient pas de mainmorte, ces critiques avaient cependant en commun la particularité de ne point juger ces œuvres autrement que sur leur qualité littéraire. C’est pour cela que nous laisserons le mot de la fin à Oscar Wilde :
 
«  Il n’existe pas de livre moraux ou immoraux. Les livres sont bien écrits ou mal écrits. C’est tout. »
 
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Jeudi 13 mars 2008 4 13 03 2008 11:22
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"Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ?"

 La force de la collection Folio est de choisir des couvertures qui, via l'histoire de l'art, collent impeccablement à l'oeuvre écrite. 

 Avec cet exemple d'Andromaque de Racine, l'on frise la perfection ! Les éditeurs ont sélectionné pour illustrer cette grande pièce du patrimoine théâtral français la fascinante peinture de Gustav Klimt intitulée Athéna Pallas. La représentation de cette déesse grecque, cuirassée, au regard hypnotisant, et assujettie au pinceau iconoclaste de l'Art nouveau, n'est-elle pas la plus formidable incarnation de la femme fatale ?
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Je dédie cette image à l'examinatrice du bac de français qui, à l'époque, avait donné une mauvaise note entièrement méritée à l'ignare que j'étais. Sans rancune !
Mercredi 12 mars 2008 3 12 03 2008 21:29
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"Tous les êtres, jusqu'ici, ont créé quelque chose au-delà d'eux-même : et vous êtes le reflux de cette grande marée et vous préférez retourner à l'animal plutôt que de surmonter l'homme ?"

- Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra 


En me promenant sur la toile, je suis tombé sur un blog parlant du Zarathoustra de Nietzsche. Dans la liste des commentaires, un internaute inspiré a rédigé le billet suivant :

 "Jamai lu ce livre mai jamai fai de philo oci! Fodré ptetre ke jmi mett ca a l'air 1teressan..."

La récente création d'une ligue anti-texto prend alors dans ce cas tout son sens ! voici son site : http://texto.riendetel.com

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L'évolution ne passe jamais par l'appauvrissement...

Le texto serait même en train de contaminer petit à petit les copies d'élèves rendues à des profs consternés. De plus en plus de forums de discussions sur le net demandent à leurs visiteurs d'avoir la courtoisie de ne pas s'exprimer en texto ! Malgré cela, il se trouvera toujours des linguistes, pontifiants et soucieux d'être à la page, osant prétendre qu'il n'y a point péril en la demeure ! Voilà en tout cas une position relevant à mon avis du syndrome du pompier pyromane...

Les usagers du texto sont pourtant les premiers à reconnaître le déclin de leur orthographe. Moi-même, durant mes années d'études universitaires, j'ai pu constater combien la pratique de la prise de notes avait fait des ravages dans mes écrits.

Une chose est sûre, les amoureux du français sont de plus en plus nombreux à se mobiliser pour la défense de leur langue. Une langue ouverte à tout enrichissement, mais rigoureusement allergique à l'idée de son déclin programmé. L'évolution ne passe jamais par l'appauvrissement... L'Erostrate des temps modernes peut clamer son envie de brûler tous les temples d'Artémis qu'il veut, nous ne le laisserons pas faire !


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Lundi 10 mars 2008 1 10 03 2008 17:17
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 Dans la confrérie des généreux donateurs, figurent ceux qui donnent leur sang, leur argent, ou bien leur temps libre. Il faudrait rajouter ceux qui donnent leur voix. 

 L'association Des Livres à Lire et à Entendre a pour objet de faciliter l’accès de tous et en particulier des non-voyants et malvoyants aux joies de la littérature.

 Leur site internet Littérature audio.com est aussi la prolongation de leur mission. Il permet à n'importe quel internaute de donner sa voix sur le net et d'y lire un texte de son choix entré dans le domaine public. 

 Le président de cette association, Augustin Brunault, est un jeune étudiant en philosophie. Il nous offre sur son site sa lecture de l'oeuvre de Sénèque, De la brièveté de la vie

 Il serait à mon avis bienvenu de la part de certains auteurs et éditeurs, de concéder le libre usage de leurs oeuvres actuelles dans le cadre d'actions bénévoles comme c'est le cas ici avec Littérature audio.com.

 Pour envoyer vos dons à cette dynamique et bienveillante association, veuillez écrire à l'adresse suivante :
 
Des Livres à Lire et à Entendre
82, rue Henri Cloppet
78110 Le Vésinet

 

 

Jeudi 28 février 2008 4 28 02 2008 18:27
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On ne fait jamais assez attention aux dédicaces des livres. La plupart s'adressent traditionnellement aux êtres chers à l’auteur, et sont donc forcément d'une désespérante banalité... Il arrive toutefois que certaines dédicaces sortent du lot en battant des records d'originalité.
 
 Celle de Claude Duneton pour son livre La Puce à l’oreille, fait partie à mon avis des plus pittoresques de l’histoire de l’édition :
 
 « Je dédie ce livre à l’inconnu qui, un soir de juillet 1977, à la cafétéria d’un supermarché de la banlieue Sud, alors que, les yeux un peu vagues, je rêvassais à la composition de ces pages, m’a pris pour un paumé, et, avec beaucoup de délicatesse, m’a donné dix francs.
 
 Je ne lui avais pas parlé ; simplement expliqué à son petit garçon que les corbeaux qui évoluaient au fond de la piste de l’aéroport étaient les petits du Boeing 707 qui venait d’atterrir. Il faut toujours dire de jolies choses aux petits garçons. »

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Mercredi 20 février 2008 3 20 02 2008 14:29
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Mais que va-t-on faire du bon Saint Augustin ?
 
 Si le libraire est censé être un pro du classement, un ouvrage anodin peut s’avérer devenir un véritable casse-tête dès qu’il s’agit de le mettre en rayon. Bien entendu chacun a sa propre logique, celle du vendeur étant bien souvent aux antipodes de celle du client !
 
 Prenons le cas concret de Saint Augustin et de ses fameuses Confessions. Comment classer cet auteur de langue latine de la fin de l’Antiquité et natif d’Afrique du Nord ? Faut-il également le ranger en fonction de son nom ou de son titre de saint ?
 
Deux voisins de palier
 
 Sa présence en littérature étrangère est une évidence pour le libraire. Bien que cette prose soit vieille de 1600 ans, et malgré son influence durable sur la culture et la littérature française, la logique impose de le placer aux côtés des auteurs de langue étrangère. Saint Augustin est donc le voisin de Paul Auster : Le classement alphabétique d’un rayon littérature étrangère présente sans doute plus d’une singularité de ce genre.
 
Un cimetière et une foire entremêlés
 
 Mais cette curiosité n’est pas du goût de tout le monde. Certains lecteurs souhaiteraient voir classés à part  les auteurs de l’Antiquité. Pourquoi devrait-on faire cohabiter au même endroit une langue vivante et une langue morte ? La proposition est judicieuse mais non recevable : dans tous les rayons, des auteurs vivants côtoient bien des auteurs morts sans que personne n’y trouve à redire. Une librairie n’est après tout qu’un cimetière et une foire entremêlés, une sorte de trait d’union entre la littérature d’hier et d’aujourd’hui.
 
 L’on pourrait également créer d’autres sous rayons, mais cela compliquerait la tâche à l’infini : trop de spécialisation aboutirait à de l’éclatement. Par exemple ranger les œuvres de Victor Hugo dans trois rayons différents : théâtre, poésie et romans… Mais alors bonjour la confusion pour les pauvres collégiens ayant déjà du mal à chercher un titre par ordre alphabétique !
 
Un débat sans fin
 
Revenons enfin à notre Saint Augustin et ses Confessions pour terminer cette digression par un degré supplémentaire de difficulté. Quelle réponse donner en effet au lecteur s’étonnant de ne pas voir la moindre trace de ce chef-d’œuvre du christianisme au rayon religion ? 
 


 
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Lundi 18 février 2008 1 18 02 2008 16:46
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 Notre transporteur attitré fait de la récupération avec les cartons de livres qu’il nous apporte tous les jours. C’est une initiative écologique que l’on se doit de saluer.
 
 Toutefois, en fonction de l’emballage choisi, la situation peut apparaître cocasse dans une librairie. Je viens en effet de réceptionner le récit de voyage de Mike Horn : Objectif Pôle Nord de nuit emballé dans un colis sur lequel figurait la mise en garde suivant : Ne pas recongeler après décongélation !
 
 Inutile de préciser que l’auteur a éprouvé quelques difficultés durant son épopée arctique à respecter une telle consigne vis-à-vis de sa propre personne… 
 
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Lundi 18 février 2008 1 18 02 2008 15:41
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 L’histoire de la littérature foisonne d’exemples d’auteurs plagiaires, des plus subtils aux plus gonflés. Lorsque ces mauvais élèves se font prendre la main dans le sac, leurs tentatives de justifications sont également des monuments de mauvaise foi. Voilà qui leur donne droit à un aller simple en première classe dans les anthologies littéraires comme celle de Roland de Chaudenay : Les plagiaires, le nouveau dictionnaire.
 
 Un certain Jacques Attali a l’honneur d’y figurer. Son plus célèbre « emprunt » fut dévoilé en 1982 par un lecteur attentif. Celui-ci avait en effet relevé d’étranges similitudes entre un essai d’Ernst Jünger intitulé Essai sur le temps, publié chez Bourgois en 1980, et le sien au titre fort similaire : Histoire du temps publié chez Fayard deux ans plus tard.
 
 Dans le volume d’Attali l’on pouvait relire mot pour mot le même passage rédigé initialement par Jünger :
 
« La gnomonique était déjà une science exacte chez les Egyptiens. Le calcul des heures solaires, tant d’après la longueur que d’après la direction de l’ombre leur était familier… »
  
 Pas un mot de plus, pas un mot de moins : le plagiat des plus parfaits. L’emprunteur ne s’était même pas donné la peine de paraphraser l’auteur. N’ayant rien à rajouter à un texte aussi édifiant, il s’était contenté d’un simple copier-coller. Jünger n'était d'ailleurs pas le seul auteur pillé par l'ancien conseiller de l'Elysée, car parmi ses victimes figuraient également les historiens Jean Pierre Vernant et Jacques Le Goff
 
 Lorsque le scandale éclata, Monsieur Attali se justifia par l’argument bien pratique de la coquille d’impression. Il fit porter le chapeau au pauvre typographe qui aurait eu la flemme de rajouter les guillemets salvateurs. Deux malheureux petits signes justifiant des bonnes intentions de l’auteur… La parade était bonne, il fallait y penser !
 
 Non content de subir une humiliation publique dans le monde des lettres et bien au-delà, notre mauvais et bien maladroit élève s’offrit de luxe de se venger bien plus tard en accusant du même crime l’auteur Jean Lacouture. Il lui reprochait en effet d’avoir pillé son fameux Verbatim au profit de sa biographie sur François Mitterrand.
 
 Le tribunal fit comprendre gentiment au plaignant qu'il n'y pas malice à recopier des citations d'un livre composé lui-même de documents d'archives. Ces pièces faisant partie du domaine public, elles n'appartenaient en aucun cas à monsieur Attali.

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Dimanche 10 février 2008 7 10 02 2008 18:39
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« Les livres ont les mêmes ennemis que l'homme : le feu, l'humide, les bêtes, le temps ; et leur propre contenu. »
 
Paul Valéry
 
 Il faudrait également ajouter leur propre contenant... Si nous avons perdus des pans entiers de savoir antique en raison des facteurs incriminés par le poète français (pour citer une exemple, il ne nous est rien parvenu des 75 œuvres du philosophe stoïcien Chrysippe), une menace insidieuse condamne à plus ou moins brève échéance la plupart des livres publiés depuis plus d’un siècle. Un mal complètement ignoré des lecteurs mais bien connu des professionnels.
 
Acidité du papier : la mort programmée du livre
 
 Cette menace est due au procédé de fabrication qui a remplacé l’utilisation de papiers de pur chiffon, collés à la gélatine. Quiconque a pu avoir entre les mains un volume imprimé au temps de Voltaire peut se rendre compte de leur solidité et de leur parfait état de conservation.
 
 On ne peut pas en dire autant des ouvrages sortis des presses depuis la seconde moitié du XIXe siècle. Ces derniers ont un papier composé de fibres de bois encollés à l’alun et à la colophane. Par ces contenants modernes, les livres sont donc condamnés d’avance puisqu’ils se désagrègent irréversiblement, rongés par l’acide qu’ils contiennent depuis leur fabrication.
 
 Selon un scénario bien connu et très actuel, les papetiers d’hier ont préféré une logique productiviste au développement durable tout en étant avertis des conséquences néfastes de leurs choix. En effet, dès 1899, une poignée de ces fabricants alertaient leurs confrères et les autorités sur la menace des papiers acides.  
 
Un processus d’autodestruction !
 
 Le livre est donc menacé par un sournois processus d’autodestruction chimique ! Les étapes de ce scénario détestable sont donc les suivantes : la feuille commence par jaunir, puis perdre de sa souplesse d’origine, et devient donc cassante ou friable au contact des mains innocentes qui les manipulent à tour de rôle. Ajoutons à cela les facteurs aggravants de la pollution, des études récentes ont chiffré concrètement le bilan de ce danger : sur 2.6 millions d’ouvrages publiés en France entre 1875 et 1960, 90 000 sont perdus, 900 000 en péril immédiat, et 700 000 condamnés à court terme, soit les deux tiers du patrimoine livresque publié au cours de cette période !
 
Il existe heureusement un remède : le caisson de désacidification. La plupart des grandes bibliothèques nationales en sont équipées. Ce procédé associé à la technique de renforcement des livres par thermocollage représente un travail de titan. Malgré toutes les bonnes volontés, il ne nous sera permis de ne sauver qu’une partie de notre héritage. Les petites bibliothèques et tous les vieux ouvrages possédés par des privés en seront hélas exclus. Est-ce une fatalité ou un pis-aller en attendant d’autres solutions ? Une chose est sûre, ce combat contre le temps et l’oubli est une belle métaphore de la fragilité de toute création voire même de l’existence humaine…
 
 
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Une mise en garde du chercheur Pierre-Marc de Biasi dans ce passionnant Découvertes Gallimard.

Samedi 9 février 2008 6 09 02 2008 17:59
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1838 : Parution de l’unique et énigmatique roman d’Edgar Poe au titre étonnamment long :
Les aventures
d’Arthur Gordon Pym
de Nantucket
contenant les détails d’une révolte et d’un affreux massacre
 à bord du brick américain le Grampus,
faisant route vers les mers du Sud,
en juin 1827 ;
 
plus, l’histoire de la reprise du navire
par les survivants ;
leur naufrage et leurs horribles souffrances
par suite de la famine ;
leur délivrance par la goélette anglaise la Jane Guy ;
courte exploration de ce navire
dans l’océan Antarctique ;
prise de la goélette et massacre de l’équipage
dans un groupe d’îles
 
au quatre-vingt-quatrième parallèle
de latitude sud ;
conjointement, les incroyables aventures
 et découvertes dans l’extrême sud,
dont ce déplorable désastre a été l’origine.
 
 
 Ce chef d’œuvre d’aventures maritimes a fasciné plus d’un écrivain. Jules verne en écrivit même la suite dans son roman Le sphinx des glaces. C’est en tout cas un livre inoubliable dans la mesure où les scènes poignantes sorties de l'imaginaire atypique de Poe restent à jamais gravées dans notre mémoire, au point de les revivre au fil des ans et au gré de nos pensées.
  
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Samedi 9 février 2008 6 09 02 2008 14:53
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 Les libraires ont leur saints patrons : Saint Laurent et San Jordi. Ils ont également d’illustres confrères dans le monde des lettres ayant exercé le même métier qu’eux.
 
 Hermann Hesse, l’auteur du Loup des steppes en est la plus belle illustration. Sa première rencontre avec le métier de libraire en tant qu’apprenti a lieu vers l’age de 16 ans, mais cette expérience ne dure que trois malheureux jours.
 
 Il préfère alors se tourner vers le métier d’horloger. Finalement déçu par la monotonie de ce travail, il retente sa chance en 1895 dans librairie Heckenhauer à Tübingen dans le Bade Wurtemberg. Il s’occupe alors essentiellement de droit de philologie et de théologie.
 
 En 1898 il passe au rang d’assistant libraire. L’année suivante, il change d’enseigne et vient travailler dans une librairie d’occasion à Bâle. Mais en 1904, le succès éditorial de son premier roman Peter Camenzind décide alors de l’orientation définitive de sa carrière d’écrivain et de futur Prix Nobel de littérature.


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Jeudi 7 février 2008 4 07 02 2008 21:40
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 La langue française est de plus en plus menacée par l’apport d’anglicismes, c’est un fait... Au-delà du constat il serait intéressant de connaître les racines du mal. Pour la linguiste Henriette Walter, il faut incriminer le caractère figé de notre langue. Elle souligne avec justesse que nous autres Français sommes le seul peuple à se poser en permanence la question de savoir si telle expression  ou tel mot « est bien français », c'est-à-dire conforme au dictionnaire…
 
 Selon Henriette Walter la langue française est trop souvent considérée comme une « institution immuable et corsetée dans ses traditions. » Par le caractère sacré que nous lui conférons, nous nous interdisons toute invention et enrichissement de vocabulaire non homologué par les gardiens du temple. Là où d’autres peuples créent de nouveaux mots sans complexe et sans demander à quiconque la permission, les Français se flagellent mutuellement et rituellement lorsqu’un néologisme ose timidement pointer le bout de son nez. Nulle existence légale en dehors du dictionnaire n’est donc autorisée…
 
 Il est évident que devant ce vide créatif, l’anglais se rue dans la brèche et répond aussitôt aux besoins de ces locuteurs frustrés. Cette carence en matière de souplesse linguistique, nos amis Québécois sont loin de la partager. Ils ont compris depuis longtemps que l’invention de nouveaux mots français est la clé de la préservation de leur langue, le ferment de son avenir.
 
 Nos cousins vont ainsi de l’avant et tournent le dos à ces cassandres soucieux de figer le français dans le marbre comme le latin. Ces amateurs de langues mortes en font tout un pataquès lorsqu’une poignée de flibustiers du vocabulaire ose introduire un mot en contrebande dans leur propre langue !

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Lundi 4 février 2008 1 04 02 2008 11:20
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 De l’informatique, de la géopolitique, de l’essai littéraire, des langues, du reportage, de l’histoire, de la religion, de la décoration intérieure, de la philosophie, de la carte géologique : voici un échantillon varié (en dehors des meilleures ventes) de ce qui s’est vendu dans ma librairie le samedi 2 février 2008…
 
_ Dan Gookin, PC portables pour les nuls : édition Windows Vista, First
 
_ Serge Cordellier,Le dictionnaire historique et géopolitique du 20e siècle, La Découverte poche
 
_ Chabossot, Alyosus, Comment devenir un brillant écrivain alors que rien (mais rien) ne vous y prédispose, Milan

_ Roche, Philippe, Grammaire active du chinois,Larousse
 
_ Craig, Steve, Instant French,Pocket
 
_ Porée-Rongier, Marie-Dominique
   Les expressions grecques et latines
,First
 
_ Max de Longchamp, Carême pour les cancres,
   Paroisse familliale
 
_ Londres, Albert, Câbles & reportages, Arlea
 
_ Joan Villanove, Raconte-moi les rois de Majorque,    Villanove
 
_ Appartements de Londres et de New York, Place des Victoires
 
_ Nietzsche, Friedrich, Ainsi parlait Zarathoustra, Livre de poche
 
_ Tuchan : carte géologique de la France à 1/50000, BRGM
 
 
Jeudi 31 janvier 2008 4 31 01 2008 18:50
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« L’erreur est plus entêtée que la foi et n’examine pas ses croyances. »
 
Marcel Proust (A la recherche du temps perdu)
 
 Reconnaître ses erreurs est la tâche la plus noble de l’homme, surtout lorsqu’elles se sont accumulées au fil des ans. Mais la démarche est impossible lorsqu’il s’agit de remettre en cause des dogmes gravés dans la pierre. Le problème actuel de l’enseignement en est la plus parfaite illustration.
 
Enrichir le français oui, le figer non, l'appauvrir surtout pas !

 Dans son pamphlet très constructif A bonne école, l’hérétique Jean-Paul Brighelli ose remettre en cause certaines croyances. La plus grossière d’entre elles somme le professeur de  se mettre au niveau de l’élève. Une telle politique aboutit forcément à des désastres. Pour preuve, Cet extrait de dictée d’élève notée 13.5 sur 20 :
 
« Pour temps il avais un pair est une mer. Mais son pair ne pensé pas à lui et sa maire ne l’aimait poing. » 
 
A ce rythme là, autant réformer la langue française et passer directement à l’enseignement du  texto !

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Dimanche 27 janvier 2008 7 27 01 2008 19:35
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 La perle du jour est attribuée à cette maman qui a tenté tant bien que mal de relire les hiéroglyphes de sa fille lui demandant de lui acheter « le bouquet » de Planton (le banquet de Platon)!
 
 Elle n’avait pas si tort après tout. Platon n’est-il pas l’éternelle sentinelle du temple de la philosophie, montant la garde depuis 2500 ans afin de nous préserver ses fleurs éternelles ?
C’est en tout cas une interprétation idéaliste, pure et surtout platonique
 
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Samedi 26 janvier 2008 6 26 01 2008 12:18
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« Un cheval ! Un cheval ! Mon royaume pour un cheval ! »
 
Shakespeare, Richard III
 
S’il est un royaume que je sacrifierais  sans hésiter, ce serait celui de la contemplation de l’or de l’aurore et de  l’or du couchant,  afin d’être à  nouveau le témoin du premier sourire d’un nouveau né.
 
 Peut-on trouver spectacle  plus émouvant au monde ? C’était du moins la conviction profonde de James Barrie, l’auteur de Peter Pan, qui écrivit dans Le petit oiseau blanc :
 
« Lorsque le premier bébé rit pour la première fois, son rire se brisa en un million de morceaux, et ils sautèrent un peu partout. Ce fut l’origine des fées. »



 
 
Lundi 21 janvier 2008 1 21 01 2008 18:57
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Déjà 10.000 visiteurs sur le blog du libraire contemplatif !
 
  Ce chiffre évoque pour moi les 10.000 mercenaires grecs de l’Anabase. Dans ce récit, Xénophon relate l’aventure périlleuse d’une expédition militaire dans l’empire perse qu’il sauva du désastre aux alentours de 400 av. J.C. Abandonnés en plein cœur d’un territoire hostile, suite à la défaite de la faction perse qu’ils servaient, les mercenaires grecs désignèrent le jeune Xénophon comme chef pour les sortir de ce bourbier.
 
 Au terme d’un long voyage au bout de l’enfer, après avoir traversé des déserts, des montagnes et affronté des peuplades hostiles, Xénophon parvint à mener à bien ses hommes vers l’objectif salutaire : le rivage du Pont-Euxin. Lorsqu’ils aperçurent enfin la mer, ils s’écrièrent « Thalassa ! Thalassa ! » (La mer, la mer !).
 
 Le disciple de Socrate se révéla être un excellent stratège. Par sa fermeté et son obstination,il réussit à changer  l’issue fatale d’une une défaite militaire et fit de cette longue retraite une véritable légende. 
 
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