A tous les gardiens de phares

Publié le par Louis

 
 Voici une bonne raison de redécouvrir Albert Londres, auteur d’une authentique générosité dont l’intérêt pour ses semblables ne se limitait pas à leur utilité journalistique. Pour lui, la fin d’un reportage n’était jamais synonyme d’oubli. Ses rencontres restaient à jamais gravées dans sa mémoire. Il témoignait même pour ceux dont il croisait le chemin, sans avoir eu le temps de s’attarder.
 
 Ainsi, dans son admirable portrait de ville méridionale qu’est Marseille porte du Sud, il rend hommage à un anonyme oublié de l’histoire en lui dédicaçant son livre. L’heureux bénéficiaire n’est autre que le modeste gardien du phare de la cité phocéenne.
 
 Certes, ce marseillais veillant au salut des marins n’a pas le même rôle que les sentinelles bretonnes figées sur des éperons rocheux face à l’océan déchaîné. La paisible Méditerranée n’a pas la noblesse de l’Atlantique et pourtant, notre grand reporter éprouve le besoin de placer sur le devant de la scène un homme de l’ombre qu’il n’a jamais eu la chance de rencontrer, un modeste sans grades au rôle néanmoins indispensable.
 
C’est là qu’est le véritable humanisme :
 
« Je dédie ce livre à mon grand ami inconnu pour qui longtemps je fus ingrat, au gardien du phare du Planier qui, à chacun de mes départs, de mes retours, semble balancer la lampe à la fenêtre, pour me dire au revoir ou bonjour ! »
 
A noter que les éditions Arléa viennent d’achever la publication complète des reportages inédits d’Albert Londres avec ce nouvel et indispensable volume : Câbles et reportages. C’est la conclusion heureuse d’une longue et difficile aventure éditoriale. 

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