Une petite nature morte ?

Publié le par Louis

 La langue française est de plus en plus menacée par l’apport d’anglicismes, c’est un fait... Au-delà du constat il serait intéressant de connaître les racines du mal. Pour la linguiste Henriette Walter, il faut incriminer le caractère figé de notre langue. Elle souligne avec justesse que nous autres Français sommes le seul peuple à se poser en permanence la question de savoir si telle expression  ou tel mot « est bien français », c'est-à-dire conforme au dictionnaire…
 
 Selon Henriette Walter la langue française est trop souvent considérée comme une « institution immuable et corsetée dans ses traditions. » Par le caractère sacré que nous lui conférons, nous nous interdisons toute invention et enrichissement de vocabulaire non homologué par les gardiens du temple. Là où d’autres peuples créent de nouveaux mots sans complexe et sans demander à quiconque la permission, les Français se flagellent mutuellement et rituellement lorsqu’un néologisme ose timidement pointer le bout de son nez. Nulle existence légale en dehors du dictionnaire n’est donc autorisée…
 
 Il est évident que devant ce vide créatif, l’anglais se rue dans la brèche et répond aussitôt aux besoins de ces locuteurs frustrés. Cette carence en matière de souplesse linguistique, nos amis Québécois sont loin de la partager. Ils ont compris depuis longtemps que l’invention de nouveaux mots français est la clé de la préservation de leur langue, le ferment de son avenir.
 
 Nos cousins vont ainsi de l’avant et tournent le dos à ces cassandres soucieux de figer le français dans le marbre comme le latin. Ces amateurs de langues mortes en font tout un pataquès lorsqu’une poignée de flibustiers du vocabulaire ose introduire un mot en contrebande dans leur propre langue !

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Publié dans Point de vue

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