Victor Hugo, l'opportuniste

Publié le par Louis

LA CARRIERE D’UN OPPORTUNISTE PARMI TANT D’AUTRES…
 
 Victor Hugo incarne du haut de sa statue non encore déboulonnée un certain vice national si caractéristique des français à travers l’histoire : l’opportunisme.
 
 Il faut dire que Victor Hugo naissait en 1802 sous le signe de l’ambiguïté : une mère royaliste et un père officier de Napoléon. Il commença sa carrière littéraire comme poète officiel de la monarchie. Ses odes et poésies diverses lui valurent en 1822 une pension du roi Louis XVIII. Le nouveau monarque Charles X ne lui est pas moins défavorable : il est fait Chevalier de la Légion d’Honneur et assiste à son Sacre à Reims.
 
 Sentant le vent tourner, Victor Hugo refuse en 1829 le triplement de sa pension ainsi qu’un poste au Conseil d’Etat. L’année suivante, le dernier Bourbon est chassé du trône. Victor Hugo s’attache alors aux Orléans et continue de percevoir sa pension. Il devient pair de France en 1845.
 
 Au lendemain de la Révolution de 1848, Victor Hugo est d’abord partisan de la régence de la Duchesse d’Orléans, puis se rallie au nouveau régime. Elu sous la 3ème République, il approuva la fermeture des ateliers nationaux puis la répression de juin 1848. Il soutient ensuite la candidature de Louis Napoléon Bonaparte à la présidence de la république, espérant jouer un rôle auprès du prince président. Déçu, il passe dans l’opposition et s’oppose vainement au coup d’état du 2 décembre 1851. Il prend alors le chemin de l’exil.
 
 Il revient en France en 1870, au lendemain de la proclamation de la république. Retenant les leçons de ses ralliements hâtifs passés, il se retient de jouer un quelconque rôle sous la Commune et attend que l’orage passe. Une rassurante carrière de sénateur l’attend alors sous la 3ème République. Il mourut le 22 mai 1885 et passa directement au Panthéon, porté par un cortège funèbre digne d’un empereur romain.
 
 Dans son dernier livre, Alain Soral déclarait avec une cruelle ironie : « la gauche de Victor Hugo, c’est un peu celle de Viviane Forrester ». L’année de sa mort, le socialiste Paul Lafargue entreprit d’ajouter sa pierre personnelle à la trop luisante statue du Commandeur par un petit pamphlet qui remettait les pendules à l’heure : La légende de Victor Hugo.
 
 
 

Publié dans Essais

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Mambo 26/06/2006 09:55

Bienvenue dans la blogosphère!

Alain 24/06/2006 09:28

Très intéressant, merci.

E.R. 20/06/2006 19:18

une originale façon de revoir l'histoire de cet écrivain admiré,
au plaisir de vous lire.