Un grand peintre oublié

Publié le par Louis

Lawrence Alma-Tadema 
 
R.J. Barrow, Phaidon
Photo reproduite avec l'aimable autorisation des éditions Phaidon
 
 Un peintre anglais d'origine hollandaise de l'époque victorienne, aussi célèbre que Picasso en son temps, mais injustement tombé dans l'oubli.
 
 Sont responsables de ce purgatoire, les tenants de l'avant-gardisme qui le rangèrent arbitrairement derrière l'étiquette méprisante d'artiste pompier. Ce fut le cas de Zola critique d'art, raillant ouvertement "les toiles de M. Alma-Tadema, dont l'étrangeté archéologique stupéfie et arrête les gens au collet..." J. Ruskin alla même jusqu'à le traiter de "pire des peintres du XIXe siècle"!
 
 Il fut certes tout le contraire d'un artiste maudit condamné à vivre dans la misère. Mais doit-on reprocher aux peintures de Sir Lawrence Alma-Tadema d'avoir connu un immense succès de son vivant et d'avoir pu vivre confortablement de son pinceau ?
 
 Sa grande originalité ? Faire resurgir le passé antique avec un réalisme étonnant tout en observant un respect rigoureux de la vérité archéologique. Un style sans pareille et surtout une atmosphère donnant l'impression que l'artiste avait vécu à Carthage ou à Alexandrie dans une autre vie et qui lui valurent le titre de "peintre du marbre".
 
 Sa passion pour l'Antiquité remonte au séjour qu'il effectua en 1863 à Pompéi dans le contexte du voyage de noces avec son épouse française. Le charme de la cité, figée dans les scories du Vésuve, opéra tout de suite sur le jeune élève en peinture.
 
 Car la touche révolutionnaire du peintre, fut de représenter des scènes de la vie quotidienne, au détriment des sujets politiques et mythologiques tant ressassés en histoire de l'art.
 
 Des paysages baignés de lumière, où reviennent souvent ces groupes de jeunes tantôt rieurs, parfois attentifs, souvent mélancoliques, adossés à des marbres étincelants et tournant le dos à une mer d'azur éternellement sereine. Dans l’une des variantes de ces toiles méditerranéennes, on peut contempler le spectacle de Sapho hypnotisée par le chant du poète Alcée dont elle est désespérément amoureuse.
 
 Ces oeuvres ont été étiquetées au Metropolitan Museum de New-York sous le titre évocateur de "Victoriens en toge".
 
 En ce début du XXIème siècle, les tableaux d’Alma-Tadema encore victimes de qualificatifs réducteurs, seront-ils l’objet d’une réhabilitation ?
 Ce splendide ouvrage des éditions Phaidon semble indiquer la réponse. C’est d’ailleurs le seul titre disponible en France sur le sujet. Il faut donc saluer l’audace de ces éditeurs qui savent prendre ce genre de risques.
 
 Ultime revanche sur l'histoire, le marché de l’art a depuis longtemps redoré le blason du peintre déchu: les toiles du maître se vendent désormais aussi chères qu’à son époque !
 

Publié dans Beaux-Arts

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Alain 12/09/2006 13:50

Cela faisait longtemps que je n'étais pas passé sur ton blog! je vais aller découvrir ce peintre que je ne connais pas...