Le meilleur et le pire du monde des lettres

Publié le par Louis

 
 
A comme Andersen
 
Avant d’être un écrivain reconnu, Andersen tenta de devenir chanteur (mais perdit sa voix comme la petite Sirène), danseur, puis comédien.
 

A comme Aragon
 
En 1931, Aragon fut inculpé pour provocation au meurtre. Il lui était reproché son poème Front rouge, dans lequel il proclamait : « Descendez les flics camarades (…) Feu sur Léon Blum (…) Feu vous dis-je ». L’affaire sera finalement classée sans suite.
 

Lors du retour au pouvoir du général de Gaule en 1958, Aragon apeuré demanda à son ami Jean Dutourd de le protéger dans l’hypothèse paranoïaque où celui-ci serait arrêté. Voici un martyr récalcitrant qui se donnait beaucoup d’importance !
 

B comme Baudelaire
 
Après avoir achevé la lecture des Fleurs du Mal, le critique Sainte-Beuve s’écria : « Vous avez dû beaucoup souffrir, mon enfant. »
 

B comme Banville
 
Le poète Théodore de Banville détestait l’ordre bourgeois qu’il considérait comme « l’apothéose de l’épicerie ».
 

C comme Carpentier
 
L’écrivain cubain Alejo Carpentier détestait Sartre : « cet espèce de philosophe, (…) cet être adulé et retors ».
 

C comme Céline
 
Le 15 mai 2001 à Drouot, le manuscrit du Voyage au bout de la nuit a été vendu à la Bibliothèque nationale de France tout frais compris, pour un montant de 12 184 040 millions de francs.
 

C comme Cervantes
 
Voyant un courtisan s’esclaffer devant lui, le roi d’Espagne Philippe III aurait lancé : « Soit il est fou, soit il lit Don Quichotte ! »
 

C comme Chalamov
 
Dans les Récits de la Kolyma, œuvre majeure dans laquelle il relate son expérience du Goulag, Varlam Chalamov raconte que le froid y était si extrême que les crachats des prisonniers gelaient au vol.
 

C comme Chrysippe
 
La plus grande figure de la philosophie stoïcienne que fut Chrysippe, avait publié au IIIe siècle avant Jésus Christ environ 750 livres dont aucun ne nous est parvenu entier sauf quelques fragments.
 
Il retrouva ses ancêtres d’une manière assez originale puisqu’il serait mort de rire en regardant un âne manger des figues !
 

C comme Claudel
 
Dans un article paru dans Le Monde du 21 11 03, Philippe Sollers qualifia Paul Claudel de « porc », méritant « une fatwa définitive » et appela même à la destruction complète de ses œuvres. 
 
Dans ses mémoires, Paul Claudel écrivit à propos de sa sœur Camille, qui passa 30 ans de sa vie dans un asile d’aliénés : « moi j’ai abouti à un résultat, elle, n’a aboutit à rien ».
 

C comme Comte
 
Le philosophe Auguste Comte tenta de fonder une religion fondée sur le culte des hommes d’exception, et s’institua lui-même « grand prêtre de l’humanité ».
 

D comme Dumas
 
Alexandre Dumas considérait que son succès littéraire reposait sur les principes suivants : « Commencer par l’intérêt au lieu de commencer par l’ennui ; commencer par l’action au lieu de commencer par la préparation ; parler des personnages après les avoir fait paraître au lieu de les faire paraître après avoir parlé d’eux. »
 

D comme Duras
 
Enfant gâtée crachant dans la soupe de son succès parce qu’elle considérait être lue pour de mauvaises raisons, Marguerite Duras lança à Jean Jacques Annaud :
« Ce livre, l’Amant, c’est de la merde. C’est un roman de gare. Je l’ai écrit quand j’étais saoule. »
 
Le libraire Collard de la libraire La griffe noire écrivit à se sujet une fiche de lecture épinglée sur un volume de l’Amant avec cette phrase osant le blasphème : « Les écrivains boivent, les lecteurs trinquent. »
 

F comme Ferry
 
Lors de son bref passage au ministère de l’éducation nationale, le philosophe Luc Ferry vit son propre livre victime d’un écoeurant autodafé public. Un comble pour une institution sensée vénérer le savoir et qui rappelle en permanence à ses élèves combien de bûchers de livres ont pu allumer au cours de l’histoire les innombrables régimes dictatoriaux.
 
Mais sans doute le ministre malchanceux paya t-il par retour de bâton une attitude de censeur dans son passé dont il devrait avoir à rougir, s’il ne s’en est pas encore repenti. Il signa en effet en 1976 une pétition visant à interdire d’enseignement à la Sorbonne son confrère Pierre Boutang. Le prétexte invoqué ? Des idées monarchistes incompatibles avec un sérail universitaire monopolistique et allergique. Une telle attitude ne date pourtant pas d’hier. La Sorbonne n’avait-elle pas déjà rejeté les œuvres de Rabelais, considéré aujourd’hui comme le premier romancier moderne ?
 

G comme Gide
 
La fille d’André Gide avoua dans Livre Hebdo en 2000, avoir déchiré les comptes de son père, ceci afin d’éviter de prétendues indiscrétions. Ces derniers comprenaient les noms des personnes qu’il avait aidés financièrement. Un acte de censure préjudiciable pour les tous les chercheurs et biographes, et qui dessert grandement l’histoire des lettres.
 

H comme Heine
 
Dans ses chroniques De la France, Henri Heine avoua ses désillusions devant la trahison des idéaux de la révolution de 1830, constatant que celle-ci avait abouti à établir le règne de la Bourse : « L’intérêt personnel bâtit ses misérables cabanes sur l’emplacement des palais renversés... »
 

H comme Hesse
 
Enthousiasmé par la lecture du Loup des steppes de Hermann Hesse, son ami Thomas Mann lui écrivit dans une lettre que ce livre lui avait « réappris à lire ».
 

H comme Hoffmann
 
Rendant hommage au talent novateur de l’écrivain E.T.A. Hoffmann, Théophile Gauthier écrivit : « Après un volume d’Hoffmann, je suis comme si j’avais bu dix bouteilles de vin de Champagne ; il me semble qu’une roue de moulin a pris place dans ma cervelle et tourne entre les parois de mon crâne… »
 

J comme Jünger
 
Fortement impressionné par le naufrage du Titanic en 1913, Ernst Jünger vit cette tragédie humaine à la fois comme un symbole et un avertissement. Cet événement annonçait selon lui que le XXe siècle serait maudit par le règne de la technique, une sorte de Léviathan aveugle conduisant l’humanité vers l’abîme.
 

K comme Kerouac
 
Le chanteur Bob Dylan déclara un jour : « J’ai lu Sur la route en 1959. Cela a changé ma vie comme celle de tout le monde. »
 

L comme Lyautey
 
En 1891, le maréchal Hubert Lyautey publia un essai : Le rôle social de l’officier. Considérant que celui-ci était le seul personnage de l’Etat physiquement en contact avec le peuple, une mission d’éducateur lui incombait. Il s’agissait pour Lyautey de redonner à l’armée un idéal qui lui manquait cruellement. Mais il partait néanmoins d’un constat amer, citant le cas d’un capitaine qui connaissait mieux les chevaux de son régiment de cavalerie que ses propres hommes. D’où l’urgence de réformer la hiérarchie avant de s’occuper sérieusement de l’éducation morale de la troupe.
 

M comme Maillart
 
Paul Morand fit le portrait suivant d’Ella Maillart, étonnante voyageuse qui sillonna l’Asie centrale de long en large : « Une amie des pentes neigeuses et des altitudes de pierrailles, dormeuse de troisième classe, éleveuse de poux, buveuse d’eau saumâtre et de poésie claire, girouette sur le toit du monde ».
 

M comme Manet
 
L’écrivain dissident cubain Eduardo Manet regrettant l’accueil glacial de l’intelligentsia parisienne durant son exil, déclara franchement : « Durant les années Mitterrand, j’ai été traité comme un chien. »
 

M comme Manguel
 
Grand défenseur du livre, possédant une bibliothèque de plus de 30000 volumes, l’écrivain Alberto Manguel a néanmoins cédé une fois à l’appel du mal qu’il a le plus combattu : la censure. Il a en effet exclu un livre de ses étagères : « American psycho de Bret Easton Ellis, que je trouve infect. Ce livre prend trop de plaisir à la souffrance des autres. Je sentais sa présence désagréable parmi les rayons. Je l’ai jeté, sans hésiter. »
 

M comme Mauriac
 
Il fallait bien l’humour corrosif d’un Sacha Guitry pour faire descendre Mauriac de son luisant piédestal : « Le Figaro est le seul journal qui annonce les catastrophes avant qu’elles n’arrivent. Ce matin, en première page, on pouvait en effet lire : «Demain, un grand article de François Mauriac. »
 

M comme Miller
 
Installé à Big Sur en Californie mais vivant toujours dans la misère, Henri Miller déchira un beau matin le seul pantalon qu’il lui restait. Il passa alors une petite annonce dans le Los Angeles Time : « Ecrivain américain n’a plus de pantalon. Prière de lui en envoyer d’urgence. » Il reçut en retour quelques 300 pantalons et 300 costumes en parfait état !
 

M comme Mohrt
 
L’académicien Michel Mohrt ne vota pas pour le candidat André Frossart qui s’était présenté vainement contre lui en 1985. Il déclara pour se justifier : « Je suis parfois charitable mais pas couillon. »
 

M comme Morand
 
Bouffi de mépris devant l’œuvre de Paul Morand dont il nie le talent et la singularité, le chroniqueur Angelo Rinaldi lança cette phrase indigne d’un académicien : « De toute façon, les écrivains voyageurs ne vont jamais très loin. »
 
Offusqué par la lecture des nouvelles de L’Europe galante qu’il jugeait trop libertines, Paul Claudel écrivit à Paul Morand pour lui dire qu’il avait jeté son livre au panier.
 

N comme Naipaul
 
Issu de la diaspora indienne des îles Caraïbes, l’écrivain V.S. Naipaul fit sensation en 2001, lorsqu’il affirma que les Anglais avaient été des conquérants extrêmement bienveillants en Inde, par rapport aux conquérants musulmans. Ces derniers n’ayant eu de cesse de s’en prendre à l’identité même des Indiens, cherchant systématiquement à faire table rase de leurs origines, leur passé et leur culture.
 

N comme Neruda
 
Dénonçant le caractère élitiste de la poésie contemporaine, le chilien Pablo Neruda déclara lors d’un entretien radiophonique en 1970 : « Depuis Mallarmé, on a entouré la poésie d’une telle quantité de mystères – en réalité inexistants – que le grand public s’en est éloigné. Or la poésie n’est pas une science obscure, ni une espèce de métaphysique ! » De nos jours, la poésie persiste à rester cloîtrée dans son ghetto…
 

N comme Nimier
 
Encore trop jeune à l’époque pour éprouver de l’intérêt envers l’amour de la sagesse, Roger Nimier écrivit en 1950 dansle Hussard bleu : « La philosophie est comme la Russie, pleine de marécages et souvent envahie par les Allemands. »
 

P comme Paasilinna
 
L’écrivain finlandais le plus célèbre et le plus traduit dans le monde avoua dans la presse française en 2003 : « Vous savez, ici, je jouis d’un statut spécial : je suis considéré (un peu) comme un monument national …»
 

R comme Radiguet
 
Ironisant sur les méthodes de lancement publicitaire tapageur du Diable au corps de Raymond Radiguet en 1923, Maurice Sachs écrivit : « C’est la première fois qu’on emploie au profit d’un livre des méthodes réservées aux savons, laxatifs, etc. »
 

S comme Saint-Exupéry
 
Rendant hommage au pilote de guerre dont l’ultime mission de reconnaissance lui sera fatale, Jules Roy vit dans l’engagement et le sacrifice du père du Petit Prince, une résurgence de l’esprit chevaleresque : « Ce ne sont pas les chevaliers qui provoquent les guerres. Ils s’y jettent les premiers, comme jadis, pour défendre gratuitement la cause de leur foi. Non par amour de la guerre mais par amour de ce que la guerre leur permet de tirer d’eux-mêmes…»
 

S comme Sartre
 
En 1980, René Barjavel dévoila, avec beaucoup de second degré, une opinion très tranchée sur le personnage de Jean Paul Sartre : « Je ne croyais pas, et je ne crois toujours pas, qu’un homme affligé d’un strabisme tel que le sien puisse avoir une claire vision du monde… »
 

S comme Selby
 
Hubert Selby, célèbre pour son roman Last exit to Brooklyn dévoilant les bas fonds sordides de la banlieue de New York, vivait son activité d’écrivain comme une expérience douloureuse au cours de laquelle il souffrait avec ses personnages : « Je les plaignais. Savez-vous qu’il m’arrivait de pleurer en écrivant ces récits. Je leur parlais : Ne fais pas ça, pauvre con ! »
 

S comme Shakespeare
 
La fidélité envers l’œuvre de Shakespeare laissa longtemps à désirer en Angleterre même. Ses textes jugés trop barbares étaient édulcorés afin de caresser le public dans le sens du poil. En 1904 à Londres, la pièce du Roi Lear se termina par le retour au pouvoir du roi et l’heureux mariage de sa fille.
 

S comme Sloterdijk
 
Le philosophe allemand Peter Sloderdijk a résumé avec lucidité la condition humaine dans son ouvrage Règles pour le parc humain. Selon lui, l’éducation, l’Eglise, les Lumières ont contribué à domestiquer l’homme. Nous sommes devenus des animaux dressés, destinés à vivre dans un gigantesque parc à animaux civilisés.
Anthony Burgess avait employé quant à lui, le concept d’orange mécanique. Une façon de dire que l’homme vidé de toutes ses pulsions animales, pressé comme une vulgaire orange, cessait dès lors d’être un être humain.
Carl Schmitt avait fait le même constat amer en affirmant que l’humanité était désormais parvenue au stade du paître. Une nouvelle étape dans laquelle nous sommes devenus semblables à des animaux domestiques, profitant du champ paisible et correctement délimité dans lequel la fortune a bien voulu nous placer.  
 

S comme Socrate
 
Les propos les plus sévères tenus à l’encontre de Socrate, ont été proférés par l’académicien Michel Tournier en 2004 : « A une génération de grandioses constructeurs succède un démolisseur qui s’acharne à jeter leur œuvre par terre (...) Aux créateurs de la métaphysique grecque (…) s’oppose le grotesque Socrate avec son dérisoire « connais toi toi-même ». Il faudra la ciguë pour le faire taire. » La dernière phrase est peut-être de trop…
 

V comme Vidal
 
L’écrivain américain Gore Vidal défendit sa propre conception du roman historique incarné par son remarquable Julien, en critiquant vivement les Mémoires d’Hadrien : « Yourcenar a fait toutes les erreurs possibles pour un roman historique… Tout cela est ridicule. Elle a surdécoré avec de la pensée moderne. »
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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Commenter cet article

Killroy 11/01/2007 20:23

Que de savoir dans cet article :) Jamais je ne pourrais tout retenir !
Bravo en tout cas !