Interdit de rêvasser
On ne fait jamais assez attention aux dédicaces des livres. La plupart s'adressent traditionnellement aux êtres chers à l’auteur, et sont donc forcément d'une désespérante banalité... Il arrive toutefois que certaines dédicaces sortent du lot en battant des records d'originalité.
Celle de Claude Duneton pour son livre La Puce à l’oreille, fait partie à mon avis des plus pittoresques de l’histoire de l’édition :
« Je dédie ce livre à l’inconnu qui, un soir de juillet 1977, à la cafétéria d’un supermarché de la banlieue Sud, alors que, les yeux un peu vagues, je rêvassais à la composition de ces pages, m’a pris pour un paumé, et, avec beaucoup de délicatesse, m’a donné dix francs.
Je ne lui avais pas parlé ; simplement expliqué à son petit garçon que les corbeaux qui évoluaient au fond de la piste de l’aéroport étaient les petits du Boeing 707 qui venait d’atterrir. Il faut toujours dire de jolies choses aux petits garçons. »

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